Mercredi 28 mars 2007
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« L'homme qui, du désert ne saccage point la légende, ne peut subir l'outrage. »
Tahar Ben Jelloun (Sahara)
Etape 4 (70,2 km) jour 1 - 28 mars 2007 :
L'organisation de l'étape du jour commence par un départ échelonné. Les cinquante premiers au classement général partent à midi (12h22 dans la réalité) et le reste de la course à 9h00 (9h15 dans la réalité). Une nouvelle qui a dû faire râler un peu Dominique Chauvelier car cela signifie que la tête de course doit s'élancer dans le désert en pleine chaleur.
En effet ce départ en tiroir permet de regrouper le peloton qui va s'échelonner beaucoup puisqu'il s'agit de l'étape longue, d'une distance de 70,2 km.
Pour les plus rapides, le but est de réussir à ne pas craquer et de rentrer si possible avant la nuit, car dès que la nuit tombe, la vitesse se réduit automatiquement de moitié environ.
Pour les autres, il s'agit surtout de se préparer psychologiquement à passer toute la journée dans les étendues de sables ou de cailloux, à regarder la course du soleil qui semble s'accélérer vers al fin de journée pour chuter derrière l'horizon et ensuite de se préparer à passer une partie de la nuit dehors en attendant de rejoindre le bivouac.
A mi course, l'équipe de reportage n'a pas réussi à trouver ni Dominique Chauvelier ni Ludovic Chodron, mais n'étant pas signalés en difficulté par le réseau radio ni par les « Doc trotters », il n'y a aucune raison de s'inquiéter.
Bruno Lacroix va bien, gardant le sourire et gérant toujours sa course avec lucidité. Il conserve d'ailleurs son habitude de changer ses chaussettes à chaque CP et de faire un check up complet mais rapide de tout ce qui pourrait dégénérer, dans le réglage du sac, le sable qui s'infiltre ou une brûlure qui apparaîtrait à un point de friction, à cause du sel de la sueur.
Bruno a d'ailleurs été rejoint au deux premiers CP par Yves Barbreau, qui semble prendre son mal en patience, au eux sens du terme, puisque sa course se déroule essentiellement en marchant. Il sourit, garde le moral, sa nuit lui a sans doute semblé porté conseil et philosophie pour la gestion de sa tendinite.
Philipe Remond se maintenait dans le groupe des dix premiers au CP 4, soit après 42 km, semblant assez à l'aise malgré un rictus d'effort dans les montées ensablée.
Pour l'anecdote, qui confirme les constatations de Philippe sur la facilité d'évolution des frères Ahansal dans cet univers hostile où ils sont nés, ces derniers sont partis ce matin sur une moyenne de presque 13 à l'heure durant presque 40 kilomètres.
Une stratégie qui leur à permis de « faire le tri » dans leurs éventuels poursuivants et qui profite à Lahcen, aux deux tiers du parcours, qui a pris seul le large et la tête de la course.
Les deux marocains, comme le désert qui les a nourris, savent être impitoyables même si derrière cette rage de gagner se cache, comme chez tous les nomades, une gentillesse et une générosité extrême.
Une chose est sûre, de cette contrée ou il n'y a rien, après cette étape, les concurrents du 22ème Marathon des Sables, comme tous leurs prédécesseurs, repartiront avec de larges richesses intérieures.